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Anticipation

juin 5, 2008

Anticiper l’avenir nécessite la connaissance du passé et la maîtrise de l’environnement dans lequel nous évoluons.Anticipation_avenir_vnement

Or l’immixition du temps réel dans le monde social-historique bouleverse toute réflexion prospective. Au point d’annuler le concept même d’anticipation. La télé-action prend le pas sur l’action, le médiatique sur le politique, l’omni-topologie du réseau sur le central de la décision univoque et unidirectionnelle.

Reste l’inattendu qui ne dépend plus du temps commun. Sans antécédant et sans succession. Une dimension qui ne trouve plus ses marques dans une phénoménologie conventionnelle de la temporalité. Reste à bien différencier ce que l’on attend pas de l’instantanéité, du con-temporain, de l’immédiat, de l’imprévisible, du présent etc. (voir frenchtheory.com).

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Clef du Livre V de la Physique d’Aristote

juin 4, 2008

Chez les commentateurs d’Aristote, la confusion est grande entre le devenir, le mouvemeAristote_univers_mondent et le changement.

Or, après avoir montré que le mouvement n’est pas un simple synonyme du changement chez Aristote, il faut en revenir à la définition de la kinésis selon le possible:

“Le mouvement est l’actualisation du possible en tant que possible”.

D’autre part, le mouvement apparait comme une sorte de surgissement, de jaillissement qui réalise la possibilité dans ce en vue de quoi il est possible. Et il y un écart qui n’est pas seulement sémantique entre ce surgissement (métabole) et le mouvement (kinésis) en lui-même.

On sait par ailleurs que la métabole (metabolè) correspond chez les Grecs, et plus particulièrement chez Platon, à un revirement soudain, une péripétie, un retournement inattendu.

Au total, et de manière décisive:

L’inattendu est au possible ce que la métabole est au mouvement.

Inattendu Métabole

Possible
=
Mouvement
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Que raconte un hypertexte?

juin 3, 2008

Homere Il existe une tendance majeure de l‘Hypertexte à délittéraliser son contenu et sa forme, à affirmer son autonomie face à l’écriture littéraire-papier, à vouloir s’affranchir de la narrativité littéraire traditionnelle…

Développer une aptitude à théoriser en même temps qu’à réaliser une écriture hypertextuelle autonome.

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    Hors l’image

    juin 2, 2008

    Ultra posse nemo obligatur.

    Nul n’est tenu par ce qui outrepasse le possible. Cette phrase que je trouve dans le Projet de paix perpétuel chez Kant (AppeTemple_politique_grecsndice I), nous rappelle à notre égalité de condition au regard de ce qui ne s’imagine pas au-delà des possibles que nous formalisons. Et ce qui l’outrepasse, pour chacun d’entre nous et la communauté toute entière, c’est l’inattendu.

    Ce constat (qui sort du cadre des conclusions kantiennes quelles qu’elles soient)  a évidemment selon moi des implications politiques immenses. Il nous renvoie à notre capacité de nous donner à nous-mêmes, effectivement et réflexivement, nos propres lois, sachant que nous le faisons compte tenu du fait que nul n’est tenu par ce qui, dans ce contexte, outrepasse le possible…

    Comment concevoir en effet une autonomie qui ne se constitue que par l’intervention irréductible de l’inattendu; une autonomie qui reste totalement dépendante d’événements extérieurs et absolument immaîtrisables?

    Lire le ebook concernant l’organisation générale d’un Hypertexte: Huit Hypothèses.

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    Programmation en série

    juin 1, 2008

    Screen_numeric_hypertext

    Les objets textués à faible valeur rétentionnelle ont vocation à se répéter, à se reproduire avant de chercher la persistance et la consolidation.

    L’énergie symbolique déployée dans un OTFVR est donc une énergie mentale de la duplication et de la multiplication. Toute sa grammaire et sa syntaxe sont focalisées sur cet objectif de réplication ; de manière à ce qu’une industrialisation de la culture soit possible et autorise une production en série des programmes. La réplication de ces objets programmatiques est ici première par rapport à la publication. Car il n’y a pas dans ce type de média (infotainment) de publication d’un original qui serait ensuite dupliquée.

    En toute réplication d’un programme médiatique standart , il y a un élément de ré-plication qui outrepasse ce qui, comme objet original, si tant est qu’il existe, est dupliqué.

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    L’image dans l’hypertexte

    mai 31, 2008
    MiroirLa question concernant l’efficace de l’image dans un hypertexte reste aporétique: nous ne l’approchons qu’en reconnaissant ce pouvoir dans ses effets, dans ses représentations

    (et non selon la cause).

    L’image est par essence en état permanent d’exercer un effet sur un texte. Mais sans pour autant centrer sa raison d’apparaître sur le moment d’apparition en tant que tel. Ce qui lui importe, c’est non pas d’exercer l’effet en tant qu’exercice actualisé de l’effet mais d’abord en avoir la puissance; il s’agit pour l’image d’exister comme virtualité dans la mise à disposition des effets pour venir se dépenser au moment le plus inattendu de l’écriture.

    Tout l’enjeu pour l’image est d’instituer cette virtualité au niveau d’une puissance, au niveau d’une loi qui finisse par s’imposer à l’ensemble des textes. C’est là le pouvoir de l’image sur un écran: non pas accroître le potentiel de représentation qui existe déjà dans sa structure infographique mais produire des effets hors de sa propre existence; un acte créateur en somme qui fait surgir de nulle part un effet non programmé qui, par le jeu de l’imprévisibilité, fait autorité. Comme un pouvoir d’engendrement, une puissance généalogique de parturition.

    L’image donne donc dans un premier temps existence à la loi dans un texte. Puis elle énonce par sa capacité d’apparition que ce qui est écrit là dans le texte est la vérité. Que le texte parle pour elle dans la mesure où elle occupe imaginairement la position souveraine du centre d’énonciation de la loi. L’image est à la fois l’instrumentalisation de l’effet, le moyen permanent de l’imminence de son apparition et sa fondation imaginaire comme puissance.

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    h1

    Métabologie

    mai 28, 2008

    Malevitch

    1.0 - Je pars du fait que le texte a pour caractère “quasi-transcendantal” d’être labile. Transformable. Ce trait s’actualise totalement dans l’écriture numérique – alors qu’il était quelques fois gommé, inhibé dans l’écriture-papier. La voie me semble donc libre pour la constitution théorique d’une ontologie qui sache tenir compte proritairement de cette qualité remarquable (une métabologie).

    1.1 - Ainsi, et pour s’en tenir au régime temporel de la textualité élecMalevitch_1tronique, les délais de publication de l’écriture télématique sont inférieurs à ceux de l’édition, ce qui me permet par exemple d’amender mon texte ” en temps réel “, en fonction des informations obtenues, sans les inconvénients d’un différé inopportun etc. Au centre des modifications de ce que nous nommons ” texte “, il y a ainsi, précisément, la possibilité de transformer indéfiniment le texte en écrasant ses versions antérieures, auto-destruction où l’e-textualité efface ses traces pourtant initialement publiées.

    1.2 - Les technologies numériques transforment tout en chiffres pour ensuite, les transformer en temps de composition, de présentation: et le long de cet axe plurivoque, tout se transforme, la seule question restant de savoir à quelle vitesse; et la seule réponse, d’accélérer.

    Le terme “Métabole” traduit et met alors en scène en continue un cycle de transformations textuelles numérisées. Ce sont ces opérations de modification générique et continuée qui sont dans l’hypertexte (un texte qui a pour vocation de mouvementer le texte dont il procède) constamment interrogées.

    Ainsi pour Gérard Genette, l’hypertexte désigne « tout texte dérivé d’un texte antérieur par transformation simple [...] ou par transformation indirecte » (1982, p.14). Dans ce sens-là, Ulysse, de James Joyce, est un hypertexte de l’Odyssée d’Homère.

    Nous désignons donc dans un sens similaire (mais non identique) par hyperdocument tout document dérivé d’un document antérieur par transformation numérique. Cette transformation est obtenue par le choix d’un principe de navigation correspondant. Chacune des pages générées dans le parcours de lecture est construite par « modules ».

    1.3L’écriture maintenant s’associe fusionnellement à la forme.

    Le graphe sur écran se modifie à même la forme qu’il crée; il se fait comme un échange entre la trace numérique sur l’interface et la forme qui, sur le moniteur, soudain apparaît.

    La déconstruction ne soupçonnait pas ce pouvoir: pour elle, la différence différait mais ne se transformait pas. Aucune métamorphose de l’écriture n’était à prévoir.

    Or l’échange se fait. Le morphing de la forme et de l’Idée aboutit…

    2.0 - Cependant qu’est-ce qui rend possible cette mutabilité, cette capacité extraordinaire de transformation de l’écriture aujourd’hui ?

    On pourrait évidemment répondre que ce sont les moyens techniques mis à disposition enMalevitch_3 vue d’un tel exercice qui expliquent et rendent compte de cette formidable aptitude, apparemment si naturelle. La multiplicité des figures qu’emprunte l’écriture sur le réseau (par texte, son et vidéo) ne serait en somme que le résultat d’une technologie de la communication poussée dans ses plus extrêmes sophistications.

    2.1 - Toutefois, n’est-ce pas a contrario dès l’origine ce don de transformation propre à l’écriture qui permet à cette métabolicité originaire de se déployer aujourd’hui si facilement sur écran ?

    Cette hypothétique métabolicité générique de la signification, cette capacité quasi-religieuse et symbolique qui s’incarne dans les Ecritures, ne permettrait-elle pas ce passage de la signification imaginaire, cardinale et élargie à la signification dérivée, courante de s’accomplir – partant de la scription la plus classique pour parvenir à la phonographie de la parole enregistrée sur fichiers audio/vidéo ?

    2.2 - Posons que la signification est d’essence métabolique. Métabolique parce qu’elle est de nature essentiellement imaginaire. Et c’est ce schématisme graphique originaire qui fonctionne au plus près d’un imaginaire radical de la signification qu’il importe maintenant d’interroger…

    3.0 - La plénitude du changement se dit en conséquence imaginairement de multiples façons (analytique du changement).

    Entre les différentes figures schématiques et la métabole processuelle qui assure la maintenance de toutes ces figures en son centre, se tient un Dispositif d’entre deux. Celui-ci est comme un pouvoir de machination et d’agencement capable de se prêter à l’écriture des plans. Une écriture dynamique.

    Nous touchons là à une puissance de transformation originaire. Comme si par l’écriture ainsi transposée nous découvrions un processeur en pleine activité d’échange et de répartition.

    4.0 - Notre thèse sera la suivante : le problème de la métabole (métabologie) est tout aussi profond, fondamental, originel que le problème traditionnellement attribué à l’être (ontologie) ou celui du phénomène (phénoménologie).

    4.1 - Tout simplement parce que je ne peux venir au problème que pose l’étant qu’à travers celui que pose nécessairement sa mobilité lorsque l’étant se manifeste. Si je pars du problème de l’être au sens le plus abstrait, le concept d’être devient pour moi quelque chose de tout à fait général, quelque chose comme un signe formel; pas même une catégorie, mais quelque chose qui vient au dessus des catégories comme si il était entièrement dépourvu de contenu.
    Pourtant, les catégories seront toujours définies à partir d’un contenu, alors que l’être est un pur et simple transcendental, plus général encore que les catégories. Dès lors il me devient impossible dans cette optique frontale vis à vis de l’être, de donner vie de quelque manière que ce soit au problème crucial qui concerne l’être. Il devient pour moi une question purement formelle, soumise à la critique des logiciens qui diront : ce n’est là qu’un mot, quelque chose qui n’a de signification qu’en corrélation avec d’autres termes, mais dont la signification concrète disparaît entièrement.

    En bref, c’est pour cette raison que seul le problème du mouvement – puis celui qui lie ce problème à celui de la manifestation – donne au problème de l’être sa signification et sa profondeur propre.

    4.2 - PRINCIPE :

    La question de la mobilité est posée comme ” principiellement ” différente de celle de la manifestation comme telle, et de celle, a fortiori, de celle des choses étantes.
    Ces distinctions fondamentales sont déjà posées chez Aristote.
    Pourtant la différence de principe entre l’apparition et la chose est toujours déjà affaiblie chez les Grecs, dans la mesure où la manifestation n’est pas radicalement distinguée de l’existence en tant que telle, de la choséité. Seuls les Modernes prépareront véritablement cette séparation accomplie définitivement au cours de notre siècle. Ce qui importait en fait aux Grecs, c’était d’établir la distinction entre les choses du monde ambiant et ce qui nous les révèle. Et ce qui était entièrement distingué, c’est le “gignesthai d’une part (devenir) et le ” ti on ” (être) de l’autre.

    4.3 - Il appartient certainement à notre époque de faire valoir à son tour, au delà de l’étantité de ce qui est, au-delà de la manifesteté de ce qui paraît, de ce qui se présente, de faire valoir donc la métabolicité, c’est-à-dire le caractère métabolique de ce qui devient, de ce qui survient, de ce qui arrive, de ce qui nous arrive…

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    Landow et les hyperliens

    mai 27, 2008

    Jacksonpollock20060710113507

    [...]  Landow définit d’abord avec précision les différentes formes de liens (informatiques) qui peuvent constituer un hypertexte, en énonçant non seulement les usages qu’on peut en faire, mais également les limites auxquelles ils nous exposent:
    - 1 – le lien «unidirectionnel», c’est-à-dire le lien qui unit une lexie à une autre lexie, pourrait avoir pour effet de «désorienter» le lecteur et de lui faire perdre le contact avec le point de départ de sa séance de navigation;
    - 2 – le lien «bidirectionnel» de deux lexies permet au lecteur de garder la trace de son parcours;
    - 3 – le lien entre un mot ou une phrase et une lexie permet au lecteur de quitter la lexie à différents endroits et encourage la présence de notes explicatives, d’images ou de tout autre élément qui serait en mesure d’éclairer telle ou telle portion du texte. En contrepartie, il menace de désorienter le lecteur dans les longs documents. Ce type de lien est le plus courant dans les documents diffusés sur le World Wide Web;
    - 4 – le lien entre deux chaînes de caractères («strings») – comme les phrases – permet de mettre un terme à la séquence plus facilement, mais il exige plus de préparation à l’étape de la programmation;
    - 5 – enfin, le lien d’une phrase ou lexie avec plusieurs phrases ou lexies confère une plus grande autonomie au lecteur en l’autorisant à effectuer des choix de parcours et en l’aidant à s’orienter par l’intermédiaire de tables des matières ou de menus. Toutefois, un usage abusif de ce type de lien contribue à produire un texte très éclectique – «atomisé» pour reprendre le terme qu’emploie Landow.

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    Objet textué et métabologie

    mai 26, 2008

    Corep4 L’écriture hypertextuelle nous révèle l’existence d’objets dont la nature est essentiellement diffractée (présent/absent, sensible/intelligible, liant/déliant etc…); des objets organisés auto-suffisants (à la manière du vivant) et qui pourtant sont de facture totalement techniques

    J’ai proposé dans Métabole d’appeler ces “étants” très particuliers des êtres-pour-le-changement. Je reviendrai plus tard sur la définition stricte qu’il faut en donner- définition qui nécessi te un environnement métabologique dans l’analyse, à défaut d’une approche strictement ontologique.

    Pour autant, avançons que la complexité de l’être-pour-le-changement entraîne nécessairement la pluralité des sens par laquelle cet être-en-mouvement est saisi.

    Ce qui fonde la multi-dimensionnalité schématique des significations prêtées au changement, c’est la complexité métabologique de l’être-pour-le changement lui-même.
    Par cette fondation, nous comprenons qu’aucune Médiation univoque, totale et absolue n’est concevable pour signifier unilatéralement l’être-pour-le-changement (schème de la parenté, de l’artefact technique, de la modfication qualitative, de la métamorphose etc.).

    Reste que le métaphysicien est peut-être celui qui pense avoir trouver une représentation adéquate et définitive du devenir par une de ces médiations singulières…

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    La télé-réalité et son double

    mai 25, 2008

    [...]  La télé-réalité tend à annihiler le média. Secret_story

    L’écran ne fait plus écran. On atteint ainsi un idéal fantasmé de proximité, de parfaite rencontre ou identification entre l’«acteur» et le téléspectateur qui interagit ou plutôt agit à travers son double cathodique. On observe le même phénomène dans les jeux vidéos qui transforment le joueur en acteur. Le cinéma ne permet pas ce degré d’identification. Il montre toujours les choses avec une certaine distance. Devant le grand écran, tout le monde est conscient qu’on a affaire à un absent et à de la fiction. Aujourd’hui, on a franchi un pas supplémentaire en abolissant au maximum cette distance. Conséquence: le caractère sacré de l’image diminue par rapport à l’époque où elle conservait une aura à la fois proche et lointaine. Par contre, elle répond davantage à ce désir mimétique, profondément enraciné en l’homme, désir qui consiste à rentrer dans l’image et à incarner son double…

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