
Second Life…et j’ai droit à une seconde vie
janvier 21, 2008
Si la rhétorique hypertextuelle est plus préoccupée de modalité que d’effectivité et oriente ses investigations vers l’imaginaire des formes possibles (à défaut de celles qui existent déjà), alors cette nouvelle rhétorique s’interroge nécessairement sur le statut et la fonction des univers virtuels sur le net – notamment les expériences de vie parallèle numérique comme Second Life.En effet, et à titre d’exemple, Second Life est une simulation sociétale virtuelle, permettant de “vivre une seconde vie”, parallèlement à la réalité, visant à recréer une “utopie artificielle”. Dans cet univers double, on peut acquérir des biens, rencontrer d’autres doubles, organiser des fêtes… et introduire ses propres créations (programmes, objets virtuels, etc.) dans l’univers de jeu, tout en restant juridiquement propriétaire. On peut acheter de l’espace, y bâtir “l’impossible” (sic) et gérer financièrement ses acquisitions (l’argent pouvant être tant virtuel que réel).Au regard d’une rhétorique orientée sur la nature de l’hypertexte, quel peut être le statut d’un tel ensemble imaginaire? Certainement pas celui qui consisterait à lui ôter toute teneur ontologique; lui dénier toute valeur quant à sa réalité – dans notre monde réel. Elle nous invite plutôt à revisiter nos catégories visant à identifier notre propre monde réel et à investir ce qui le transcende de nouvelles significations.
Le virtuel n’est donc pas ici ce qui s’oppose au réel; mais ce qui excède sans cesse la réalité et le registre de son immanence, au vu de son actualisation permanente. Second Life n’est pas une autre vie artificielle coupée de la Vie (la vraie) mais la vie étendue à d’autres possibilités vitales toutes aussi réelles que les découvertes que nous ferions dans le registre de nos habitudes communes.
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