Archive de 29 mars 2008

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Pourquoi ne pas citer d’après Freud ou Heine

mars 29, 2008

L’écriture hypertextuelle renonce en quelque sorte à la citation.La citation devient l’hypertexte dans son entièreté : de partieFreud_2 relative du Texte général, elle se fait  hypertextuelle comme texte intégral de la Solution… Or dans ce phénomène, ce sont les noms propres des textes cités qui disparaissent. S’agirait-il d’un symptôme plus profond dans son occurrence?

Freud a évidemment enquêté sur l’oubli des noms propres, notamment dans le contexte des actes manqués. Quelle motivation psychique nous fait entendre ou lire en oubliant les noms, en commetant un lapsus linguae ou un lapsus calami, perdre ou oublier un objet? Le préfixe commun en allemand à tous ces verbes qui signfient l’acte (verhören, verlesen, versprechen…), à savoir ver, indique en tous cas la parenté intime qui existe entre ces accidents. Elle permet à Freud d’exlure qu’ils soient l’effet du hasard. Tous ces actes manqués sont manifestement fondés sur l’oubli, et c’est pourquoi Freud va bientôt se concentrer sur les cas où cet oubli lui semble le plus étonnant. Il y  fait figurer en bonne place l’oubli des noms propres. Pourquoi oublier si vite les noms propres, comme il en fait lui-même l’expérience? Y-a-t-il une raison faisant que les noms des personnes sont faciles à oublier – et que Heine aurait particulièrement saisie avec le plus de clairvoyance?

Freud cite à ce propos le vers de Heine: Nicht gedacht soll seiner werden ! “Effaçons-le de notre mémoire !” . Nous retrouvons l’idée, issue du droit romain, puis développée par Dante de la damnatio memoriae : l’oubli comme peine suprême, plus grave encore que la mort…

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