
Réseau et démocratie directe
mai 24, 2008
Contrairement à l’idéologie Cyber que Landow favorise, il n’y a pas de démocratie directe sur le Réseau. Les affaires politiques, les vraies, ont besoin d’un temps long et construit pour être réfléchies : les participants pour acquérir des compétences politiques à partir des objets circulant sur l’Internet doivent nécessairement prendre le temps et la mémoire nécessaires à la réflexion. La politique est une pensée, sinon toute action collective concomitante est impossible.
Si bien que l’échange en temps réel entre les intervenants ne peut en fin de compte ne concerner que des sujets non construits, des objets textués à faible valeur rétentionnelle ; soit donc des enjeux dont la valeur politique sur le net est quasiment absente.
Nous sommes là dans le temps du marché. Un temps immédiat distribuant les flux de significations imaginaires dérivées, des flux portés par des objets dont la teneur ne nécessite pas une organisation licite de la mémoire forte : ceux-ci sont même pensés et construits de manière à ne pas solliciter une structure mnémotechnique trop contraignante. Ce sont pour l’essentiel des biens multimédias issus des industries de programmes télé-visuels réagissant à des comportements instantanés de la part des consommateurs. Il est impossible de les reprendre pour les travailler ; il est impossible de les modifier dans une chaîne symbolique pertinente. Ces objets sont réplicables à défaut d’être transformables. Les sujets qui les utilisent ne cherchent qu’à en jouir, sans penser à modifier leur contenu dans les nouveaux échanges intersubjectifs que leur transformation pourrait à terme susciter.
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