Archive de la catégorie «culture»

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Programmation en série

juin 1, 2008

Screen_numeric_hypertext

Les objets textués à faible valeur rétentionnelle ont vocation à se répéter, à se reproduire avant de chercher la persistance et la consolidation.

L’énergie symbolique déployée dans un OTFVR est donc une énergie mentale de la duplication et de la multiplication. Toute sa grammaire et sa syntaxe sont focalisées sur cet objectif de réplication ; de manière à ce qu’une industrialisation de la culture soit possible et autorise une production en série des programmes. La réplication de ces objets programmatiques est ici première par rapport à la publication. Car il n’y a pas dans ce type de média (infotainment) de publication d’un original qui serait ensuite dupliquée.

En toute réplication d’un programme médiatique standart , il y a un élément de ré-plication qui outrepasse ce qui, comme objet original, si tant est qu’il existe, est dupliqué.

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    Landow et les hyperliens

    mai 27, 2008

    Jacksonpollock20060710113507

    [...]  Landow définit d’abord avec précision les différentes formes de liens (informatiques) qui peuvent constituer un hypertexte, en énonçant non seulement les usages qu’on peut en faire, mais également les limites auxquelles ils nous exposent:
    - 1 – le lien «unidirectionnel», c’est-à-dire le lien qui unit une lexie à une autre lexie, pourrait avoir pour effet de «désorienter» le lecteur et de lui faire perdre le contact avec le point de départ de sa séance de navigation;
    - 2 – le lien «bidirectionnel» de deux lexies permet au lecteur de garder la trace de son parcours;
    - 3 – le lien entre un mot ou une phrase et une lexie permet au lecteur de quitter la lexie à différents endroits et encourage la présence de notes explicatives, d’images ou de tout autre élément qui serait en mesure d’éclairer telle ou telle portion du texte. En contrepartie, il menace de désorienter le lecteur dans les longs documents. Ce type de lien est le plus courant dans les documents diffusés sur le World Wide Web;
    - 4 – le lien entre deux chaînes de caractères («strings») – comme les phrases – permet de mettre un terme à la séquence plus facilement, mais il exige plus de préparation à l’étape de la programmation;
    - 5 – enfin, le lien d’une phrase ou lexie avec plusieurs phrases ou lexies confère une plus grande autonomie au lecteur en l’autorisant à effectuer des choix de parcours et en l’aidant à s’orienter par l’intermédiaire de tables des matières ou de menus. Toutefois, un usage abusif de ce type de lien contribue à produire un texte très éclectique – «atomisé» pour reprendre le terme qu’emploie Landow.

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    La télé-réalité et son double

    mai 25, 2008

    [...]  La télé-réalité tend à annihiler le média. Secret_story

    L’écran ne fait plus écran. On atteint ainsi un idéal fantasmé de proximité, de parfaite rencontre ou identification entre l’«acteur» et le téléspectateur qui interagit ou plutôt agit à travers son double cathodique. On observe le même phénomène dans les jeux vidéos qui transforment le joueur en acteur. Le cinéma ne permet pas ce degré d’identification. Il montre toujours les choses avec une certaine distance. Devant le grand écran, tout le monde est conscient qu’on a affaire à un absent et à de la fiction. Aujourd’hui, on a franchi un pas supplémentaire en abolissant au maximum cette distance. Conséquence: le caractère sacré de l’image diminue par rapport à l’époque où elle conservait une aura à la fois proche et lointaine. Par contre, elle répond davantage à ce désir mimétique, profondément enraciné en l’homme, désir qui consiste à rentrer dans l’image et à incarner son double…

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    Ego cogito

    mai 21, 2008

    Baiser Le nom propre est en principe un désignateur rigide, indifférent aux modifications physiques, psychologiques ou fonctionnelles de son porteur (Kripke).

    Mais à quoi correspond ce désignateur lorsque celui tient au jour le jour une activité d’écriture hypertextuelle et qu’il tient son journal comme s’il en vivait ?

    La distance qui sépare l’énonciateur de la seule vie courante de cet énonciateur fait que l’acte d’écrire est habituellement différent de l’acte de vivre, exister et avoir des activités de la vie de tous les jours fort distinctes de l’écriture en acte.

    Tout exercice de pensée au quotidien éprouve nécessairement cet écart, sachant au moins que la vie active s’interrompt au moment où commence la séance journalière d’écriture.

    Le seul mode où les deux instances puissent se confondre est celui du monologue intérieur continué, monologue in actu où l’auteur simultanément agit et décrit son action ; mais on sait bien que ce type de discours ne correspond à aucune conduite réelle, et qu’il convient au commentaire autodiégétique d’un personnage jouant un rôle au cinéma…

    A l’exception peut-être de ce monologue intérieur minimaliste, épuré de toute action physique, et même de tout autre contenu de pensée, qui s’énonce je crois :

    Ego cogito.

    Or même dans ce cas cogito signifie moins « Je pense » que « Je dis que je pense » ; et celui qui dit n’est peut-être pas tout à fait alors celui qui pense.

    Il nous faut donc pour aboutir à cette invraisemblable coïncidence une écriture en perpétuel devenir, métabologique… Encore qu’il faudrait dans ce cas faire varier sans arrêt le nom propre, le désignateur ultime capable d’écrire tout ce texte au moment où il vit.

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    Transformation hypertextuelle

    avril 29, 2008

    L’hypertexte électronique transforme l’acte de lecture, voire la nature même de ce qui est lu dans la relation interactive entre le texte et son lecteur.

    «It is also a strickingly literal embodiment of some major points of contemporary literay and semiological theory __ particularly Derrida’s idea of “decentering” and Barthes’ conception of the “readerly” [lisible] versus the “writerly” [scriptible] text» (présentation de G. P. Landow, Hypertext, John Hopkins, 1991).

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    Esthétique contemporaine

    avril 25, 2008

    La domination techno-scientifique nous donne tout pouvoir sur les choses mais nous empêche dorénavant de les voir.Vision_visibilit_voir

    Simplement parce que les conditions spatiales et temporelles par lesquelles les choses se voient sont bouleversées. L’esthétique transcendantale de Kant qui faisait dépendre notre connaissance du temps et de l’espace est durablement déconstruite. En effet, la saisie pragmatique du monde par les nouvelles technologies ne nous permet plus d’avoir la distance nécessaire pour contextualiser “le dehors”.

    Par conséquent, l’hypertexte a pour ambition de relever ces nouvelles conditions spatio-temporelles de la saisie pour faire voir d’une autre façon l’extérieur. De le faire voir dans une sorte de vision qui ne dépend plus de la tradition épistémologique des Lumières mais de la réalité an-esthésique de notre condition.

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    Pourquoi ne pas citer d’après Freud ou Heine

    mars 29, 2008

    L’écriture hypertextuelle renonce en quelque sorte à la citation.La citation devient l’hypertexte dans son entièreté : de partieFreud_2 relative du Texte général, elle se fait  hypertextuelle comme texte intégral de la Solution… Or dans ce phénomène, ce sont les noms propres des textes cités qui disparaissent. S’agirait-il d’un symptôme plus profond dans son occurrence?

    Freud a évidemment enquêté sur l’oubli des noms propres, notamment dans le contexte des actes manqués. Quelle motivation psychique nous fait entendre ou lire en oubliant les noms, en commetant un lapsus linguae ou un lapsus calami, perdre ou oublier un objet? Le préfixe commun en allemand à tous ces verbes qui signfient l’acte (verhören, verlesen, versprechen…), à savoir ver, indique en tous cas la parenté intime qui existe entre ces accidents. Elle permet à Freud d’exlure qu’ils soient l’effet du hasard. Tous ces actes manqués sont manifestement fondés sur l’oubli, et c’est pourquoi Freud va bientôt se concentrer sur les cas où cet oubli lui semble le plus étonnant. Il y  fait figurer en bonne place l’oubli des noms propres. Pourquoi oublier si vite les noms propres, comme il en fait lui-même l’expérience? Y-a-t-il une raison faisant que les noms des personnes sont faciles à oublier – et que Heine aurait particulièrement saisie avec le plus de clairvoyance?

    Freud cite à ce propos le vers de Heine: Nicht gedacht soll seiner werden ! “Effaçons-le de notre mémoire !” . Nous retrouvons l’idée, issue du droit romain, puis développée par Dante de la damnatio memoriae : l’oubli comme peine suprême, plus grave encore que la mort…

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    Qui sont nos contemporains ?

    mars 22, 2008

    Wittgenstein

    En matière d’écriture hypertextuelle, que peut encore signifier « le temps du lecteur » ?

    Ce ne peut être l’équivalent de l’instant présent, du jour même, car on entre pas dans un fragment hypertextuel mis en ligne, un objet textué numérique de la même manière que l’on entre dans un livre ou une fiction audiovisuelle : il faut un certain temps pour qu’un texte inséré dans la Base acquière un sens complet, une signification véritable aux yeux de l’auteur et de ses correspondants ; et plus longtemps encore pour qu’il rencontre des lecteurs clairvoyants.

    A cette distance de premier abord s’ajoute celle des traductions – la langue la plus utilisée sur le Réseau est évidemment l’anglais – qui, parce qu’elles impliquent bien souvent une interprétation préalable des textes, viennent ou trop tôt ou trop tard.

    Ces malentendus, ces retards, ces incompréhensions – si troublants à l’ère de la communication instantanée – me conduisent souvent à prendre « contemporain » dans son premier sens de « avec le même temps que… », « qui est du même temps que… ».

    Mais quels sont les lecteurs qui sont alors du même temps que les autres ?

    Comment les définir sans les placer dans un même temps vide qui sera celui de la chronologie extérieure des jours et des heures ?

    Déjà Carnap ou Wittgenstein sont-ils les véritables contemporains de Heidegger ou de Paul Valéry ?

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    Scripteur

    mars 14, 2008

    Heidegger_criture_main Le scripteur n’est plus un auteur, un journaliste ou un chroniqueur sur internet mais un personnage pris dans la réalité du réseau, sublimée par l’instant, s’adressant directement aux autres sur un plan strictement équivalent.

    La scription sur écran atteste d’une relation à un instant donné formatée pour un médium. Ce

    sont des tentatives plus au moins réussies pour tisser un lien de proximité avec les autres que

    le réseau donne à explorer. Elles exploitent les interactions entre le vécu (par un non-acteur) et son action communicante. Le médium est mis en scène dans sa réalité quotidienne par des acteurs issus de cette même réalité.

    Changement de paradigme dans le sens où le réseau met à nu son propre système indiciel, débarrassé de ses oripeaux médiatiques.

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    L’avenir de la déconstruction

    mars 9, 2008
    L’essor de l’hypertextualité pourrait correspondre à une phase de développement social-historique du texte bien précise.Derrida_dconstruction_commentairePlus le texte est respecté et fait autorité, plus la nécessité de sa canonisation, et donc de son commentaire idôlatre, s’impose. Inversement, moins d’autorité au texte (religieuse, social-étatique, littéraire) implique une relativisation de sa notion, et donc des analyses théoriques le considérant comme unifié. L’hypertexte représenterait dans ce schéma une phase où le texte qu’il comprend aurait beaucoup perdu de sa pertinence, de sa force de loi, pouvant aller jusqu’à s’exténuer sur le réseau ouvert…

    Cela dit, si maintenant la culture du Commentaire se perd – après avoir été si déterminante à l’Epoque de la déconstruction si attachée à l’autorité du texte commenté au point qu’elle cherche à sortir de la Métaphysique n’ayant pas prêtée une attention suffisante à la lettre, au graphein et à la trace (seulement capable de s’en remettre selon Derrida à la Parole, à la Voix, à la Présence) – il n’en demeure pas moins que l’activité rhétorique devient aujourd’hui essentielle…

    Car l’analyse de la construction et composition des textes (rhétorique) ne correspond pas a priori à la Technique du commentaire. Le commentaire canonise, la rhétorique disséque: elle s’applique à distinguer les genres, les structures sémantiques, narratives, prosodiques: elle n’accorde plus au texte l’unité à laquelle originairement il prétend.

    La rhétorique finit par mettre le Texte en lambeaux…

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