Archive de la catégorie «hasard»

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Objet textué et métabologie

mai 26, 2008

Corep4 L’écriture hypertextuelle nous révèle l’existence d’objets dont la nature est essentiellement diffractée (présent/absent, sensible/intelligible, liant/déliant etc…); des objets organisés auto-suffisants (à la manière du vivant) et qui pourtant sont de facture totalement techniques

J’ai proposé dans Métabole d’appeler ces “étants” très particuliers des êtres-pour-le-changement. Je reviendrai plus tard sur la définition stricte qu’il faut en donner- définition qui nécessi te un environnement métabologique dans l’analyse, à défaut d’une approche strictement ontologique.

Pour autant, avançons que la complexité de l’être-pour-le-changement entraîne nécessairement la pluralité des sens par laquelle cet être-en-mouvement est saisi.

Ce qui fonde la multi-dimensionnalité schématique des significations prêtées au changement, c’est la complexité métabologique de l’être-pour-le changement lui-même.
Par cette fondation, nous comprenons qu’aucune Médiation univoque, totale et absolue n’est concevable pour signifier unilatéralement l’être-pour-le-changement (schème de la parenté, de l’artefact technique, de la modfication qualitative, de la métamorphose etc.).

Reste que le métaphysicien est peut-être celui qui pense avoir trouver une représentation adéquate et définitive du devenir par une de ces médiations singulières…

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    Définition théorique de l’infini

    mai 16, 2008

    Infini A tout objet qui change (être-pour-le-changement) dans le monde, j’associe certains autres objets que j’appelle des « objets textués » sur le réseau: à un être-pour-le-changement dans le monde A, j’associe un objet textué théorique a, opération qui consiste à faire un choix d’un certain nombre fini de déterminations / modifications métaboliques de A.

    En postulant le premier axiome A1 « Tout change », pour que le second axiome A2 « Tout change différemment » soit non contradictoire avec le premier, il me faut pouvoir désigner des objets susceptibles de pouvoir changer différemment – sinon en vertu de A1, aucun objet ne saurait même exister compte tenu du fait qu’il change constamment, ne pouvant a fortiori faire l’objet d’une désignation.

    Pour la possibilité de cette seule désignation, pour cette seule éventualité d’une expression possible d’une chose dans le monde donc, je suis dans la nécessité de ne plus me situer sur le seul plan des êtres-pour-le-changement dans le monde. Le plan habituel et rassurant des objets-qui-changent. Je dois, ne serait-ce que pour parler, associer l’être-pour-le-changement à un objet théorique cette fois-ci défini par l’une des déterminations que je juge principale chez A et que je choisis.

    Par cette opération là, je redéfinis la notion d’objet : au niveau de l’expression, sitôt perçu, l’objet n’est plus tant approché métaphysiquement par son identité – il nous faudrait savoir pourquoi deux A pour dire A=A - que par les différences de changement dont il est l’objet. Et cela entraîne une hypothèse supplémentaire sur mes axiomes de départ. Si l’objet A est défini maintenant par les changements qu’il produit sur lui-même et les autres objets qui l’entourent, si je veux pouvoir faire ce que je viens de dire sans entrer en contradiction avec A1 « Tout change », autrement qu’au niveau de la description théorique que j’en fais, je suis dans l’obligation de supposer qu’il n’y a pas un nombre fini de déterminations métaboliques, mais qu’il y en a une infinité. Je donne ici à l’infinité le contenu intuitif de l’être-pour-le-changement dans le monde lorsque je le perçois. Mais du point de vue théorique, c’est-à-dire du point de vue de l’objet textué lié à l’être-pour-le-changement dont il a tiré une des déterminations principales, ce que je fais c’est une définition théorique de l’infini.

    Autrement dit, l’expression d’un nombre fini de déterminations pourtant infinies relatives à l’être-pour-le-changement est une décision théorique liée au passage du plan du monde à celui du réseau.

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    Littéralité de l’hypertexte

    mai 14, 2008

    Caligraphe Un hypertexte a-t-il nécessairement une spécificité littéraire à faire valoir ?

    Comment dès lors reconnaître une qualité littéraire à un hypertexte alors que d’autres en seraient totalement dépourvus ? L’hypertexte n’est-il, comme beaucoup le prétende, qu’une technique informatique supplémentaire ajoutée au traitement de texte, un système capable de rendre plus praticables, plus manipulables des corpus d’informations professionnelles dans le domaine du droit, de la médecine ou de la comptabilité ?

    Les difficultés soulevées par la mise en forme d’une nouvelle écriture, une écriture qui aurait comme première particularité d’être scriptible sur écran (et dont je prétends qu’elle est une condition essentielle à la mise en forme d’une pensée réflexive), paraissent au fond relever d’une question plus essentielle : celle de la spécificité du littéraire à l‘âge bien avancé de l’Internet mobile. Or ce caractère propre de la littéralité d’un hypertexte semble ne pouvoir procéder que de l’usage particulier qui y serait fait des propriétés du langage dans sa construction. L’hypertexte littéraire aurait la propriété de se représenter lui-même dans ses opérations rhétoriques ; ou bien autre formulation, de faire apparaître dans sa forme la structure signifiante de la langue. La littérature est à elle-même sa propre fin. Sa nature fait donc d’elle un langage qui se reflète nécessairement dans ses opérations. Il pourrait alors être utile d’emprunter ici la définition de Jakobson concernant la littéralité : « l’accent mis sur le message pour son propre compte ».

    Cependant, pour Roman Jakobson, il s’agit là d’une fonction, dominante dans un ensemble, mais non exclusive. La différence entre ce qui dans les textes est littéraire et ne l’est pas devient une affaire de degré, non de nature. Un hypertexte peut être plus ou moins littéraire en fonction de la teneur auto-réflexive qu’un texte condense dans son expression.

    Or à partir de quelle position théorique peut-on juger du degré d’implication auto-réflexive d’un texte ? Soit du point de vue d’une rhétorique générale dont l’étude de la littéralité serait seulement une partie – mais alors en quoi la rhétorique peut-elle être réellement compétente en matière d’auto-détermination dans le domaine propre à la littérature ? Soit du point de vue d’une poétique à part entière, capable de définir le littéraire comme un discours absolument et uniquement auto-déterminé. Dans la mesure où les figures rhétoriques hypertextuelles mettent en cause la séparation scripturale entre référent et signe, où le signifier vient à se confondre avec le désigner sur l’écran, il devient très tentant de s’en remettre à cette deuxième option. L’hypertextualité manifesterait là dans toutes ses déterminations son caractère pleinement littéraire.

    Mais nous tombons ce faisant sur un autre écueil : dans l’initiative cédée à la grammaire et la syntaxe de l’hypertexte, dans la virtualité des opérations signifiantes, ce ne sont pas les seuls jeux de langage qui peuvent décider de l’orientation littéraire d’un texte. Par exemple Mallarmé (le premier ayant choisi cette voie), n’a finalement d’intérêt et de fascination pour le langage que dans la mesure où celui-ci révèle le Néant, le Rien mettant au jour les combinaisons verbales de ses poèmes. Sa quête poïétique le mène progressivement vers une perspective métaphysique, et non simplement poétique de la langue…

    De même que le groupe d’Iéna chez les romantiques allemands quelques décennies plus tôt opposant la langue poétique à la langue quotidienne comme l’absolu à l’utilitaire, n’a pour ambition que de rendre compte que de l’essence de la Beauté dans l’art poétique. Il ne s’intéresse qu’au pouvoir que possède le langage de dire la présence au monde, sans limiter le poème à un fonctionnement trivialement linguistique…

    De sorte que dans tous les cas aujourd’hui, l’Hypertexte ne peut être qu’une pensée….

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    l’E-texte et sa transformation

    mai 2, 2008

    Le texte a pour caractère “quasi-transcendantal” d’être labile. Transformable.

    Ce trait s’actualise totalement dans l’écriture numérique – alors qu’il était quelques fois gommé, inhibé dans l’écriture-papier. La voie est donc libre pour la constitution théorique d’une ontologie qui sache tenir compte “fondamentalement” de cette qualité remarquable (une métabologie).

    Ainsi, et pour s’en tenir au régime temporel de la textualité électronique, les délais de publication de l’écriture télématique sont inférieurs à ceux de l’édition, ce qui me permet d’amender mon texte ” en temps réel “, en fonction des informations obtenues, sans les inconvénients d’un décalage. Au centre des modifications de ce que nous nommons ” texte “, il y a ainsi, précisément, la possibilité de transformer indéfiniment le texte en écrasant ses versions antérieures, auto-destruction où l’e-textualité efface ses traces pourtant initialement publiées.

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    Aucun messianisme

    mars 7, 2008
    Surprise Il n’y a aucun messianisme possible car toutes ces choses nous arrivent sans que nous les voyons arriver.

    Rien ne surviendra qui n’ait été lucidement annoncé. L’inattendu n’est pas contraire à l’attente; il désigne plutôt son contradictoire – à défaut de son contraire. Du point de vue de ce qui est à venir, l’attente et l’inattendu ne jouent ni sur la même scène ni dans le même théâtre.

    Ils se donnent nécessairement sur des registres différents: l’inattendu n’est pas l’inanticipable…

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    Le théoricien ne statue pas sur la nature de l’hypertexte

    mars 6, 2008
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    On peut difficilement déterminer une seule et unique spécificité formelle de l’hypertexte.

    On peut certes trouver certaines déterminations structurelles “locales” – l’énoncé enregistré dans la base de données, l’arborescence générale de la solution, l’organisation interne des liens et des renvois … de la même manière qu’il existe une caractéristique évidente pour la poésie, à savoir le vers dont on sait cependant depuis Aristote qu’il ne fait pas le poète…

    En bref, nul ne saurait aujourd’hui définir l‘hypertexte par quelque précepte formel que ce soit: le théoricien ne peut statuer sur la conformité rhétorique d’un ensemble hypertextuel, il doit seulement faire (comme depuis toujours) avec les oeuvres existantes.

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    Exercice du jour

    février 14, 2008
    Chez Socrate, on sait que l’exercice quotidien de soi consiste “à se connaitre soi-même”.

    Cette connaissance n’a cependant rien de psychologique. La pensée pour Socrate est un discours que l’âme tient avec elle-même. Et cette âme est en chacun une entité impersonnelle ou supra-personnelle. Elle est l’âme en moi plutôt que mon âme. Elle reste une puissance surnaturelle, un daimon qui dépasse la personnSoi_autofiction_bullee singulière.

    Or peu à peu, le souci de soi va consister, non pas seulement à mieux se connaître (tourner son regard vers soi) mais aussi à se convertir à soi, à faire retraite en soi, à être heureux en présence de soi-même. Le souci de soi va rejoindre l’art de vivre (tekhnê tou biou), afin de corriger l’individu et pas uniquement de le former. Il s’agit pour l’individu de se construire un mécanisme d’assurance, une armure contre les accidents éventuels (on se rappelle de l’intitulé du beau livre de Pierre Hadot : La citadelle intérieure). Le souci de soi n’a plus pour objectif de lutter contre l’ignorance, elle vise à extirper les mauvaises habitudes de notre vie au jour le jour.

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    Hasard, cause et succession

    janvier 27, 2008
    Le concept de hasard n’est valide qu’à partir du moment où la seule succession possible dans l’ordre des événements repose sur le principe de causalité.

    Ce qui arrive a nécessHasard_causalit_vnementairement sa cause. Et par conséquent ce qui n’en a pas ne peut pas être de l’ordre de l’événementiel. C’est le hasard, c’est-à-dire un rien qui ne se justifie d’aucune nécessité.

    Or ce qui advient advient maintenant le plus souvent par d’autres enchaînements effectifs que celui de la simple succession des causes. L’inattendu sourd de la plupart des effets contemporains, et il n’est pas question de le confondre avec le hasard. Ce qui arrive ici, loin d’être de l’ordre de la causalité, rejoint sa fin sans passer par la seule préséance des moyens.

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