Archive de la catégorie «hypertexte»

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Que raconte un hypertexte?

juin 3, 2008

Homere Il existe une tendance majeure de l‘Hypertexte à délittéraliser son contenu et sa forme, à affirmer son autonomie face à l’écriture littéraire-papier, à vouloir s’affranchir de la narrativité littéraire traditionnelle…

Développer une aptitude à théoriser en même temps qu’à réaliser une écriture hypertextuelle autonome.

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    Le nom propre et l’hypertexte

    mai 13, 2008

    Internet Si l’hypertexte pris dans les rets infinis de la signification, maltraite le nom propre en oubliant de le citer, celui-ci devrait pourtant assurer un certain passage entre le langage et le monde.

    Le nom propre indique en effet un individu concret, sans ambiguïté : il signifie sans avoir à passer par les circuits hypertextués de la signification. Même si on accepte que le système hypertextuel se constitue par le développement de ses différences internes, il semble que le nom propre, qui fait partie intégrante de l’écriture, pointe directement sans différer vers le référent qu’il nomme. Cette possibilité de nomination en propre peut même être considérée comme la matrice même du langage, et comme telle pourrait prescrire au langage sa véritable finalité. Pour complexe que soient devenus nos besoins en matière d’écriture et de technique scripturale sur écran, l’idéal régulateur de ce qui s’écrit doit rester celui d’une nomination, et éventuellement de la vérité en propre.

    Frege notamment résout sa distinction entre sens et référence en pensant les phrases comme des noms propres de propositions qui ont toutes pour référence soit un objet qu’on appelle « le vrai » soit un objet qu’on appelle « le faux » : un moment qui échapperait à l’hypertexte considéré comme une somme de différences et qui se rencontrerait avec de véritables singularités référentes hors langage.

    Mais mon nom propre est-il vraiment ce qui est en ma propriété ? Il m’a été donné et il m’appartient. Mais dès que l’on m’appelle, il semble immédiatement fonctionner comme un nom commun. Il prend sens dans un système de différences lui aussi car il s’agit de moi et pas de tel autre et donc se trouve marqué par la trace de la distinction dans un sens relationnel.

    Le nom propre n’existe pas et l’hypertexte dans sa constitution en tire toutes les conséquences.

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    Exercice de l’hypertexte

    avril 15, 2008

    Pan_mythologie_musique

    Les Grecs comparaient l’activité politique à des arts comme le jeu de la flûte, la danse, la médecine ou la navigation maritime.

    Il signifiaient par là que la virtuosité de l’agir, l’accomplissement de la performance l’emportent sur le produit abouti survivant à l’activité de sa production. De même que le penser socratique ignore délibérément le produit réifié de son activité, de même l’art politique se soucie avant tout de son éxécution et se son exercice.

    En se concentrant sur la phénoménalité de l’écriture hypertextuelle sur écran, nous mettons aussi l’accent sur ce qui résiste à une esthétisation de l’écriture sous la forme d’une oeuvre d’art constituée: plutôt l’exercice d’une activité qui ne s’épuise jamais dans son produit fini.

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    Lecture courante de l’hypertexte

    mars 30, 2008
    Rupture_discontinuit_dysfonctionnementL’hypertexte ne peut pas fonctionner selon un régime de lecture et d’écritures sans oublis.

    Il s’agit donc de ré-introduire dans l’écriture critique des textes l’expérience d’une lecture courante, plus banalisée sur écran. Celle-ci synthétise l’idée d’un Texte saisi par parties, fragments en oubliant au fur et à mesure de la synthèse les discontinuités à l’origine du parcours textuel calculé. Ce qui participe à la valeur de la Figure générale de l’hypertexte à défaut de son contenu, toujours plus relatif…Finalement, l’hypertexte compose avec une écriture qui connaît des temps forts et des moments faibles, qui comporte des instants de concentration importants et admet des temps d’inattention au même titre que la lecture livresque.

    L’hypertexte, dans sa présentation, organise l’occurence de ses possibles dysfonctionnements en fonction de la dynamique du Texte qu’il poursuit: les points de rupture importent tout autant que les points de liaison…

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    Hypertexte et Logocentrisme

    mars 27, 2008
    Parole_logocentrisme_criture_1

    Si les nouvelles technologies en matière d‘hypertextualité conditionnent de nouvelles  pratiques textuelles, il est aussi incontestable qu’elles renforcent les tendances logocentriques de l’expression linguistique et de l’écriture de façon générale.

    Cette attitude consiste en effet à privilégier la subordination en matière d’expression, depuis l’Antiquité grecque, de l’écriture à la parole (logocentrisme), et au présent vivant de la voix (phonocentrisme).

    L’expression directe et immédiate sur le web est effectivement largement favorisée. L’écriture, comme sur MSN, devient un simple support pour une parole qui ne trouve pas sa voix.

    Mais sommes-nous si sûrs du caractère présent et immédiat de toutes les nouvelles technologies expressives, y compris même lorsqu’elles s’adressent en direct à des interlocuteurs prétendument en-ligne?

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    Laconique mais fatal

    février 26, 2008

    Dans Devenir et temporalité I  (Paris 1998), je consacre toute la première partie introductive à envisager les conséquences de ce constat laconique mais fatal de notre actualité : tout se passe finalement autrement que prévu.17_grass

    Portée par un mélange d’optimisme et de volontarisme provocant, la modernité avait pourtant fait entrevoir la possibilité rationnelle d’une Histoire où tout se passerait comme voulu ; parce que pour un moderne, on peut faire ce qu’on veut faire dans le temps ; parce qu’on a la volonté d’apprendre à faire ce qui semble a priori encore impossible de faire mais qu’on fera.

    Or le temps passant, le sentiment se répand que l’idée de faire l’Histoire à la manière des modernes n’était qu’un prétexte ; que le motif principal de la modernité en tant qu’Histoire du monde moderne n’était pas l’atteinte effective de la Raison mais la réalisation improbable d’un Mythe : celui de la maîtrise violente et organisée de la Terre par l’artifice raisonné de notre seule action.

    Mythe contre Raison.

    Ainsi pour nous modernes encore, les tard venus, il n’a pas suffi que le temps passe pour qu’un devenir advienne. De l’essentiel en somme, nous n’aurions rien vu venir. Et nous serions tentés d’écrire en exergue des textes ici rassemblés le mot de Pasternak : « Personne ne fait l’Histoire, on ne la voit pas, pas plus qu’on ne voit l’herbe pousser ». (D&T1 p.11).

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    Hénologie appliquée

    février 24, 2008
    Writing_thinking_scriptorNous parcourons un hypertexte comme l’orateur de l’Ad Herrenium parcourt son palais.

    Nous superposons à tel fragment tel autre fragment, tel énoncé à tel autre énoncé, répétant dans la lecture d’un texte en construction la lecture ancienne de tel autre, faisant éclater par des interventions personnelles imprévisibles et proprement incalculables cette belle ordonnance du Texte initial.

    Comme la rhétorique la plus ancienne se structurant provisoirement par les images afin d’élaborer son discours, nous jouons continuellement dans l’hypertexte avec nos postulats apparemment les plus solides: la cohérence et l’homogénéité.

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    Mimesis

    février 20, 2008

    Ne plus être un auteur au sens classique.Narcisse_image_soi_1L’hypertexte libère l’auteur de sa subjectivité malheureuse, celle qui signifie la souffrance et la mort en l’impliquant dans une certaine logique visuelle, au-delà des mots…

    L’anti-narcissisme hypertextuel plongé dans la contemplation de l’énonciation éditoriale de la page multimédia est un Narcissisme délivré, élargi, extraverti. L’image et la composition éditoriale des contenus visent un texte dégagé de toute narrativité, de toute mimétique traditionnelle.

    C’est au profit de l’image hypertextualisée qu’il faut faire disparaître la forme-spectacle.

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    Incomplétude des énoncés hypertextuels

    février 19, 2008
    Chess_game_dsquilibre

    L’algorithme de lecture détermine puis propose au lecteur une suite de textes polarisés en un ensemble connoté. Cette connotation générale des énoncés rassemblés en un parcours de lecture manifeste pour certains la preuve d’un certain désordre dans l’organisation du Texte.

    Or le désordre est immanquablement une condition de lisibilité indispensable à la lecture hypertextuelle. Pour que les énoncés s’enchaînent et transforment leur succession en une signification cohérente, il faut qu’à chaque moment du parcours choisi, ces énoncés restent en état d’incomplétude pour se composer. Afin que l’auteur comme le lecteur invente le texte sur écran – avec leurs propres codes et catégories -  l’Hypertexte reste incessamment ouvert au prochain choix énonciatif: il est de fait en perpétuel déséquilibre, jeté et précipité en une chute sans fin..

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    Le sens se construit à la mesure de sa recherche

    février 9, 2008
    Possible_jeu_virtuel L’hypertexte n’est pas la sommation de fragments indépendants.

    Il est une totalité structurée et hiérarchisée qui articule un ensemble de lexies susceptibles de créer de nouvelles significations. Cette totalité détermine toute compréhension et tout projet de sens et d’intelligibilité dans l’Unité recherchée.

    Aussi, l’hypertexte déborde-t-il le présent de son effectuation: il  ne s’accomplit jamais dans le déroulement d’une arborescence préalablement programmée. L’algorithme se contente d’effectuer des possibles préalables. Il s’ouvre cependant, au-delà du mapping que le scripteur/lecteur découvre, à un sens inédit que l’hypertexte invente. Car le sens de l’hypertexte se donne tout entier dans le mouvement de cette futurition du parcours. Là adviennent des fragments, qui au regard de l’historique déployé dans la lecture et l’écriture, se donnent originairement comme impossibles à concevoir;  et même se révèlent comme inattendus dans leur forme et le sens que maintenant ils convoient.

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