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Beiträge zur Philosophie

avril 20, 2008

Beitrge

Après Etre et temps (1927), l’ouvrage intitulé Beiträge zur Philosophie. Vom Ereignis (1936-38) peut être considéré comme la “deuxième œuvre principale” de Martin Heidegger.

Dans cet ouvrage, le penseur s’explique surtout avec la tradition philosophique occidentale à partir de son commencement grec en cherchant à la dépasser “de l’intérieur” en faveur d’une pensée à venir, celle de “l’autre commencement”. Il y expose sa réinterprétation “ontologico-historiale” de l’histoire de la métaphysique, en comprenant notre propre époque, marquée par la “fabrication” (Machenschaft), comme “âge de la transition” de la pensée traditionnelle à la pensée de “l’autre commencement”.

Les Beiträge, qui se distinguent par leur interprétation originale des positions de la philosophie traditionnelle, constituent bel et bien un monument au sein des courants de la philosophie contemporaine.

C’est à partir de ces textes que la pensée de l’Ereignis se déploie – et il nous faut chercher en quoi celui-ci se différencie du phénomène métabologique de l’inattendu.

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Béance ou fusion

mars 3, 2008

Peut-on rapprocher l’Un plotinien et l’Ereignis heideggérien?

Ils se rapprochent en ce sens que l’un et l’autre se situent au-delà de l’Être. Ils se distinguent car leur transcendance se déploie en direction de l’identité pour Plotin (transascendance) et dans le sens de la différence pour Heidegger (transdescendance).

L’Ereignis heideggérien n’est pas, comme l’Un plotinien, une unité excluant toute altérité, il est au contraire affirmation de sa différence d’avec l’Être qu’il «destine», lui-même «procuré» par le Temps. Alors que l’extase plotinienne vise l’union, la fusion avec l’Un, pour Heidegger, elle est avant tout ouverture, béance, par laquelle l’Être sort de lui-même, ek-siste. Si l’extase plotinienne est retour vers une source qui est rejet de toute altérité, retrait dans l’identité de l’Un sans l’Être, la pensée de Heidegger est maintien de la différence et de l’extériorité de l’Être qui se dévoile avec le Temps dans l’Événement, l’Ereignis.

Le «salut» alors n’est point dans la simplification, mais dans le consentement à la différence, il est une perte.